Devenir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

I.
(se conjugue comme Tenir ). X e siècle, au sens de « commencer à être ce qu'on n'était pas encore ». Du latin devenire, « venir de, arriver à », « aboutir à, recourir à ».

I. Passer d'une situation à une autre, d'un état à un autre.
1. Avec un adjectif en position d'attribut. Devenir sage, savant, jaloux. Il est devenu célèbre. De riche qu'il était, il devint pauvre. Sa présence m'est devenue insupportable. Ces fruits deviennent rouges en mûrissant. La mer devient plus calme. Par ext. Cette expression devint à la mode après la guerre. Impers. Il devient difficile de refuser.
2. Avec un substantif comme attribut. La chenille deviendra papillon. Devenir membre d'une association. Nous sommes devenus amis. Cette propriété devint l'objet de toutes les convoitises. Spécialt. Que voulez-vous ? quelle carrière voulez-vous suivre ? Il est devenu médecin.

II. Absolt. Par opposition à Être. Se trouver soumis au changement, exister par une série de passages d'un état à un autre.

III. Le plus souvent dans des phrases interrogatives ou dubitatives. Avoir tel sort, tel résultat, telle issue. Que deviendrai-je ? Que vais-je ? J'ignore ce qu'ils sont devenus. Je ne sais ce qu'est devenu ce projet. Que sont devenus vos serments ? Je me moque de ce que deviendra cette affaire. Expr. Ne savoir que , être dans le désarroi, ne savoir comment se comporter dans une situation critique. Par affaibl. et fam. Qu'est devenu mon manteau ? où est-il ? Je ne le retrouve plus. Nous vous cherchions partout, qu'étiez-vous donc devenu ? Que devenez-vous ? qu'avez-vous fait, que vous est-il advenu depuis que je ne vous ai vu ?


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

(Il se conjugue comme VENIR.) Commencer à être ce qu'on n'était pas; passer d'une situation, d'un état à un "autre. Devenir maigre. Devenir sage, savant," "jaloux, dévot, etc. De riche qu'il était, il devint pauvre. Ces fruits deviennent rouges en mûrissant. Cela commence à fatigant. Il est devenu ministre. Il devint l'objet de l'admiration générale. Son bien est devenu la proie d'un intrigant. Rome devenue la maîtresse du monde."
Pop., "Devenir à rien" se dit des Choses et signifie Se réduire considérablement, s'évaporer. "Cela est devenu à rien, en cuisant." On dit quelquefois "Cet homme, cet enfant devient à rien," Il devient excessivement maigre.
Il signifie particulièrement, surtout dans les phrases qui marquent doute, conjecture, etc., Avoir tel ou tel sort, tel ou tel résultat, telle ou telle issue. "Que deviendrai-je? Que vais-je ? Je ne sais ce que tout ceci deviendra. On pouvait dès lors prévoir ce que tout cela deviendrait. Que deviendra tout le bien qu'il a amassé? Que deviendront vos promesses, si vous m'abandonnez? Que sont devenus vos serments? Que deviendraient tant de belles espérances, s'il venait à mourir?"
"Qu'est devenue telle personne, telle chose?" Où est-elle? où a-t-elle passé? "Qu'est devenu monsieur votre frère? Il était près de nous il n'y a qu'un instant, je ne sais ce qu'il est devenu. Qu'étiez-vous donc devenu? nous vous cherchions partout." Par extension, "Vous tremblez, qu'est donc devenu votre courage?"
"Que devenez-vous? Qu'êtes-vous devenu?" Qu'avez-vous fait, que vous est-il survenu depuis que je ne vous ai vu? On dit dans un sens analogue "Que ?" et "Ne savoir que devenir."
L'infinitif DEVENIR s'emploie comme nom, en termes de Philosophie, pour exprimer le Mouvement par lequel une chose, un être se forme ou se transforme. "Le est opposé à l'être."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Prendre une certaine manière, une certaine qualité. Devenir grand, riche, sage. Cela commence à fatigant. Il devint général.
CORN.: « Qu'ils deviennent sujets sans esclaves ! »
CORN.: « Aussitôt qu'un État devient un peu trop grand.... »
SÉV.: « Il [un capucin] a commencé par me parler de la Provence, de vous.... je voudrais que vous eussiez vu ce que m'est devenu ce bon père dès le moment qu'il m'a paru si bien instruit »
BOSSUET: « Le roi, devenu amoureux d'Anne de Boulen, fit venir sa conscience au secours de sa passion, et son mariage, lui devenant odieux, lui devint en même temps douteux et suspect »
RAC.: « Dieux ! si, devenant grand, souvent on devient pire ! »
RAC.: « Devenant malheureux, il m'est devenu cher »
RAC.: « Dans l'Orient désert quel devint mon ennui ! »
RAC.: « Quel devins-je au récit du crime de ma mère ! »
RAC.: « .... Les secrets de son coeur et du mien Sont de tout l'univers devenus l'entretien »
RAC.: « Je crois te voir, cherchant un supplice nouveau, Toimême de ton sang le bourreau »
LA BRUY.: « Si vous êtes né vicieux, ô Théagène, je vous plains ; si vous le devenez par faiblesse pour ceux qui ont intérêt que vous le soyez.... souffrez que je vous méprise »
VOLT.: « Les moindres circonstances deviennent essentielles quand il s'agit de la mort d'un homme tel que Charles XII »
RAYNAL: « Il y a une infinité d'erreurs politiques qui, une fois adoptées, deviennent des principes »
J. J. ROUSS.: « Je me croyais grec ou romain ; je devenais le personnage dont je lisais la vie »
    Que devenez-vous ? c'est-à-dire où allez-vous, que voulez-vous faire ? Qu'êtes-vous devenu ? c'est-à-dire où étiez-vous allé ? Qu'est devenue telle chose, où est-elle ?

 2   Dans les phrases interrogatives et dubitatives, avoir tel sort, tel résultat, telle issue. Je ne sais ce que tout ceci deviendra.
RAC.: « Que sont devenus vos serments ? Ne vous informez pas ce que je deviendrai »
    Que voulez-vous ? c'est-à-dire quelle carrière voulez-vous suivre ?
MARIVAUX: « Dites moi donc quelle résolution vous prenez, me répondit le ministre ; que voulez-vous ? »
    Que devinsje à ces paroles, à ce spectacle, quelle ne fut pas ma douleur, mon saisissement, etc. ?

 3   Que , quel sera le sort ? Elle ne sait que et n'a recours qu'à moi, SÉV. 69.
    Familièrement. Ne savoir que , être dans un malaise extrême.
MARIVAUX: « J'ai oublié ma tabatière, il y a une heure que je ne sais que »

 4   Devenir à rien, diminuer, se réduire considérablement. Cela est devenu à rien en cuisant. Cet enfant devient à rien, dépérit, maigrit extrêmement.
REGNARD: « Valère : Sous ses heureuses mains [du joueur] le cuivre devient or. - Hector : Et l'or devient à rien »

 5   S. m. Terme de philosophie. Le , le mouvement progressif par lequel les choses se font. Le incessant du monde. On oppose le à l'être.

REMARQUE
    1. Devenir se conjugue avec l'auxiliaire être.
    2. Corneille a dit :
CORN.: « À quel point ma vertu devient-elle réduite ? »
CORN.: « .... Les plus dignes soins d'une flamme si pure Deviennent partagés à toute la nature »
CORN.: « Mais alors quel esprit n'en devient point troublé ? Voltaire a condamné cet emploi du verbe . Est-ce avec raison ? La distinction entre l'adjectif et le participe est si subtile que cette condamnation ne sera pas généralement admise. On dit très bien : enflé, dégoûté, etc. Il ne faut donc pas contester à Corneille cet emploi qu'il fait de . »

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. VIII: [Qui] Ne soit ocis ou ne devient chrestien
     ib. XV: Il devendrat, jointes ses mains, tis [ton] homs
     ib. CLXXXIII: Qu'est devenuz li gasconz Engelers ?
    XIIème siècle
     Ronc. p. 93: Hé ! gentis cuens, qu'estes vous devenuz ?
     ib. p. 145: Deven mes homs, je te ferai doaire
    XIIIème siècle
VILLEH.: « Et cil Guillaume la dona à Joffroi de Ville-Hardoin, et cil en devint ses hom, et la garni de sa gent »
     Berte, CXVII: Je vous demanderai [ce] que cil [cet homme] est devenu
     ib. CXXXI: Il deviennent si home, chascun en foy [il] baisa
     Lai de Melion: Melions, fait li rois Artus, Tes grans sens qu'est-il devenus ?
    XVème siècle
FROISS.: « Là endroit devinrent moult de nouveaux chevaliers »
FROISS.: « Dictes-moi, avant que je n'oublie, que la riviere de Garonne est devenue, car je ne la vois plus »
COMM.: « Au contraire celluy qui gaigne devient en reputation et estime »
E. DESCH.: « Hors du sens devainne [devienne], Qui me requerra de combattre »
    XVIème siècle
MONT.: « Il se pouvoit vanter d'estre devenu fol par sagesse »
MONT.: « Je ne sçais ce que tout cela est devenu, non plus que ses poëmes grecs »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. ; ital. divenire ; du latin e, de la préposition de, et venire, venir. Le latin e, conformément à son origine, signifie arriver, se rendre ; de ce sens d'arriver, les langues romanes ont tiré celui de , parce qu'en effet , c'est passer d'un état à un autre. Palsgrave, p. 4, remarque que il devient se prononce deviant.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE DEVENIR. Ajoutez :

 6   Terme scientifique. Le d'un objet, ce qu'il devient.
MARIÉ-DAVY: « Le second point, tout aussi important que le premier, consiste dans la recherche du des eaux pluviales ; une partie de ces eaux ruisselle à la surface du sol... »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(Il se conjugue comme "Venir.") Commencer à être ce qu'on n'était pas; passer d'une situation, d'un état à un autre. "Devenir grand. Devenir maigre. Devenir sage, savant, jaloux, dévot, etc. De riche qu'il était, il devint pauvre. Cela est devenu tout blanc en peu de temps. Ces fruits deviennent rouges en mûrissant. Cela commence à fatigant. Cet homme est fait pour quelque chose. Il est devenu ministre. Il devint l'objet de l'admiration générale. Son bien est devenu la proie d'un intrigant."
"Devenir à rien," se dit Des choses, et signifie, Se réduire considérablement, s'évaporer. "Cela est devenu à rien en cuisant." On dit quelquefois, "Cet homme, cet enfant devient à rien," Il devient excessivement maigre.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie particulièrement, surtout dans les phrases qui marquent doute, conjecture, etc., Avoir tel ou tel sort, tel ou tel résultat, telle ou telle issue. "Que deviendrai-je? Que vais-je ? Je ne sais ce que tout ceci deviendra. On pouvait dès lors prévoir ce que tout cela deviendrait. Que deviendra tout le bien qu'il a amassé? Que deviendront vos promesses, si vous m'abandonnez? Que sont devenus vos serments? Que deviendraient tant de belles espérances, s'il venait à mourir?"
"Qu'est devenue telle personne, telle chose," Où est-elle? où a-t-elle passé? "Qu'est devenu monsieur votre frère? Il était près de nous il n'y a qu'un instant, je ne sais ce qu'il est devenu. Qu'étiez-vous donc devenu? nous vous cherchions partout." Cette façon de parler s'emploie quelquefois lorsqu'il s'agit Des choses morales. "Vous tremblez, qu'est donc devenu votre courage?"
"Que devenez-vous?" Où allez-vous? que voulez-vous faire? "Que voulez-vous ?" Quel parti voulez-vous prendre? quelle profession voulez-vous embrasser? On dit dans un sens analogue, "Que ?" et, "Ne savoir que ."
"Que devins-je, à cette vue, à ce discours, etc.?" Quelle ne fut pas ma douleur, quel ne fut pas mon étonnement, mon effroi, lorsque je vis, lorsque j'entendis cela!



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


(Il se conjugue comme "Venir".) Commencer à être ce qu'on n'étoit pas. "Devenir grand. Devenir maigre. De riche qu'il étoit, il devint pauvre. Il est devenu tout blanc en peu de temps. Devenir savant, jaloux, sage, dévot, etc. Devenir fâcheux".
On dit communément, "Je ne sais ce que tout ceci deviendra," pour marquer L'incertitude où l'on est de ce qui doit arriver, de la chose dont on parle. Et on dit à peu près dans le même sens: "Que deviendrai-je? Que deviendra tout le bien qu'il a amassé? Que deviendront vos promesses, si vous m'abandonnez? Que sont devenus vos sermens? Que deviendroient tant de belles espérances, s'il venoit à mourir?" On dit aussi, "Que devenez-vous?" pour dire, Où allez-vous? que voulez-vous faire? Ou dit, "Que voulez-vous ?" pour dire, Quel parti voulez-vous prendre? quelle profession voulez - vous embrasser? On dit, qu'"Une chose devient à rien," pour dire, qu'Elle se réduit à rien, qu'elle s'évapore.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Commencer à être ce qu'on n'étoit pas. "Devenir grand. Devenir maigre. De riche qu'il étoit, il devint gueux. Il devint tout blanc en peu de temps. Devenir savant, jaloux, sage, dévot, &c. Devenir fâcheux."
On dit communément, "Je ne sais ce que tout ceci deviendra," pour marquer l'incertitude où l'on est de ce qui doit arriver, de la chose dont on parle. Et on dit à peu près dans le même sens, "Que deviendrai-je? Que deviendra tout le bien qu'il a amassé? Que deviendront vos promesses, si vous m'abandonnez? Que sont devenus vos sermens? Que deviendroient tant de belles espérances, s'il venoit à mourir?" On dit aussi, "Que devenez-vous?" pour dire, Où allez-vous? Que voulez-vous faire? On dit, "Que voulez-vous ?" pour dire, Quel parti voulez-vous prendre? Quelle profession voulez-vous embrasser? On dit, qu'"Une chose devient à rien," pour dire, qu'Elle se réduit à rien, qu'elle s'évapore.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Deveni"; 1re et 2e "e" muet.] Changer d'état, être autre qu'on n'était. "Trév." Commencer à être ce qu'on n'était pas. "Acad." "Rich. Port." Cette dernière définition est meilleûre que la première.
- 1°. Il régit ordinairement des adjectifs. "Devenir" grand, riche, savant, jaloux, fâcheux, etc.; et des substantifs employés adjectivement. 'Il est devenu mon "ami"; il "est devenu" son "maître": 'Il "devient flateur", etc. Quelquefois il a pour 2d régime la prép. "de". 'Le gouvernement d'Athènes "devint" républicain, "de" monarchique qu'il était. Cette prép. se met élégamment à la tête de la phrâse. '"De" riche qu'il était, "il devint" gueux. = Il régit aussi le datif de la persone. 'Des plaisirs variés, mais trop faciles, "lui étoient devenus insipides".
- Mais ce régime n'est bon qu'avec les adjectifs. Pour les substantifs, on doit se servir de la prép. "pour". 'La dignité Épiscopale, loin de lui faire rien relâcher de ses austérités, "lui devint un motif" pour les augmenter. P. "Grifet", Vie de St. "André Corsin." Je pense qu'il falait dire, "devint pour lui un motif de les augmenter".
   2°. DEVENIR, ne régit point les participes qui ne sont point adjectifs. On ne dit point, " aimé", " estimé", etc. "Voltaire" a raison de blâmer ce vers de "Corneille", dans "Horace":
   À~ quel point ma vertu "devient-"elle "réduite?"
Mais ce qu'ajoûte le Critique n'est rien moins qu'exact. Le mot "devenir", dit-il, ne convient jamais qu'aux affections de l' âme: On "devient faible", malheureux, hardi, timide, etc. Il se trompe: "devenir" convient tout aussi-bien aux afections du corps, à l'état de la persone: "Devenir grand", "grôs", "maigre:" "Devenir aveugle", sourd, muet, etc. "Devenir pauvre", riche, libre, esclave, etc. "Ann. Litt."
- "Voltaire" devait se contenter de dire que "devenir" ne se joint pas à de purs participes, comme "réduite".
   3°. Il ne régit pas les adverbes. '"Devenir au niveau" d'un fat qui est en crédit. "La Bruy." L'usage n'admet point cette façon de parler. "Être", régit les adverbes, "être" au niveau; "devenir", ne les régit pas.
   4°. Il n'en est pas non plus de "devenir", impersonel, comme du verbe "être", employé impersonellement. On dit bien, "il est impossible de faire"; mais on ne dit pas bien, il "devient impossible de", etc.
- M. "Targe", l'Ab. "Prévôt", Mde "de B.", Traducteurs de Livres anglais, l'ont dit, chacun, plus d'une fois, parce qu'il ont traduit trop littéralement, pour ne pas dire, trop servilement.
'La nuit étant survenue, "il devint impossible de distinguer" les amis des ennemis. "Targe", Hist. de "Smollet". 'Il "devint facile de" les "concilier". 'Il "devint impossible que", etc. 'Il "devint évident que", etc. "Mde de B." Hist. de "Hume". Ce sont de vrais anglicismes. En français, on dirait, "il fut impossible", "il fut facile". '"On reconut évidemment que", etc.
   5°. Le régime de ce verbe doit le suivre, et non pas le précéder. "La Fontaine" a pu dire, dans le style marotique:
   Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus,
   Qui, du soir au matin, "sont" pauvres "devenus",
   Pour vouloir trop tôt être riches.
Mais hors de ce style, on dit, "sont devenus paûvres".
   6°. Le participe de "devenir", peut être employé adjectivement, contre la règle assez générale des verbes neutres. 'Il était au désespoir de se séparer d'un bon maître~, "devenu" son ami intime. "Volt.": "devenu", pour, "qui était devenu".
   7°. * "Pluche" fait de "devenu" un adverbe, et le fait indéclinable. Il dit, au féminin et au pluriel; "devenu", comme au singulier masculin. 'Suivez une poule "devenu" mère de famille. 'La sève épurée est "devenu" assez délicate pour être admise dans la pédicule des fleurs et des fruits. 'Vos vignes "devenu" vigoureûses, se contentent long-temps d'une caisse de 12 à 15 pouces de diamètre. Il faut, dans ces exemples, "devenûe" mère, est "devenûe", "devenûes vigoureûses", etc.
   8°. On dit, "venir à bout", avec l'ablatif. 'Il "vient à bout de" tout ce qu'il entreprend: il "en est venu à bout". * "Saint-Evremont" a dit, dans le même sens, "devenir" à bout. '"De" quoi ne seroient pas "devenues à bout". Mde... et Mde... etc.? Il n'est pas à imiter en cela.
- On dit, " à rien", et l'usage a admis cette manière de paler. 'Ô l'heureux siècle, où le cuivre devient or, et l'or "devient à rien". Cité par M. "Rigoley de Juvigny". On dit qu'"une chôse devient à rien", pour dire qu'elle se réduit à rien, qu'elle s' évapôre.
   9°. On dit comunément: 'Je ne sais "tout ce que ceci deviendra": 'Que "deviendrai-je?" Que "deviendra" tout le bien qu'il a amassé? Que "sont devenus" vos sermens? 'Que "deviendront" tant de belles espérances? etc.
- On dit aussi, "que devenez-vous"? Où allez-vous? Que voulez-vous faire? "Que voulez-vous ?" Quel parti voulez-vous prendre? Quelle profession voulez-vous embrasser?




Emplacement dans le dictionnaire :

devastation
dévasté
dévaster
déveine
développante
développé
développée
développement
développer

déventer
devenu
déverdir
devergondé
dévergondé
dévergonder
dévergonder (se)
devers
dévers
déversé
déversement




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...n'était qu'un temps d'épreuve. Prendre sa retraite, vers quarante ans ; après avoir fait les cent coups par le monde, posséder un petit coin de terre à soi, y vivre très sage et n'en plus sortir ; devenir quelqu'un de posé dans son hameau, dans sa paroisse, -marguillier après avoir été rouleur de mer ; vieux diable, se faire bon ermite, bien tranquille... combien d'entre eux sont fauchés avant de...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...ainsi découvert. Et en me relevant, j'aperçus au loin, par-dessus le fouillis des plantes agrestes, un coin des vieux murs couronnés de lierre qui enfermaient le jardin. (ils étaient destinés à me devenir très familiers plus tard, ces murs-là ; car, pendant mes jeudis de collège, j'y ai passé bien des heures, perché, observant la campagne pastorale et tranquille, et rêvant, au bruit des sauterelles, à...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...de me dire que j'aurais douze ou treize ans, que je serais presque un grand garçon quand il reviendrait. à l'encontre de tous les autres enfants, -de ceux d'aujourd'hui surtout, -si pressés de devenir des espèces de petits hommes, j'avais déjà cette terreur de grandir, qui s'est encore accentuée, un peu plus tard ; je le disais même, je l'écrivais, et quand on me demandait pourquoi, je répondais,...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...drôle ; impossible de savoir ce qui sortirait de son minois trop fin, impossible de deviner si elle serait vilaine ou jolie ; puis, bientôt, elle passa par une certaine gentillesse, et finit par devenir tout à fait mignonne et charmante sur ses huit ou dix ans. Très malicieuse, aussi sociable que j'étais sauvage ; aussi lancée dans les bals et les soirées d'enfants que j'en étais tenu à l'écart,...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...L'oeil saisissait à peine ce qui devait être la mer : d'abord cela prenait l'aspect d'une sorte de miroir tremblant qui n'aurait aucune image à refléter ; en se prolongeant, cela paraissait devenir une plaine de vapeurs, -et puis, plus rien ; cela n'avait ni horizon ni contours. La fraîcheur humide de l'air était plus intense, plus pénétrante que du vrai froid, et, en respirant, on sentait...


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